S’exprimer sur Internet? Oui… mais!

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Sur Internet et les médias sociaux, tout le monde peut librement exprimer ses opinions: commenter un article de presse, réagir à une vidéo, ou simplement exprimer son humeur sur le profil d’un média social. Mais de la liberté d’expression à l’illégalité, il n’y a parfois qu’un pas.

 

La liberté d’expression et ses limites

Exprimer son opinion est une liberté fondamentale, protégée par la Charte des droits et libertés. Internet est un formidable outil d’expression, qui offre la possibilité de diffuser son opinion au public le plus large. Avec l’essor des médias sociaux, donner son avis sur tous les sujets n’a jamais été aussi simple et rapide.

Mais attention: sur Internet comme dans la vie courante, la liberté d’expression n’est pas absolue. Bien qu’elle soit au cœur des valeurs de la société, cette liberté se confronte parfois à d’autres droits fondamentaux, comme le droit à la vie privée, à l’image, à la réputation ou la sécurité.

La portée d’Internet, son immédiateté et l’anonymat qu’il permet multiplient les possibilités de conflits ou en augmentent l’ampleur. On mesure parfois mal les conséquences de ses propos quand ils sont tenus sur Internet. Mais comme dans la vie réelle, un internaute est responsable de ce qu’il dit ou écrit dans le monde virtuel.

Des propos qui dépassent les limites peuvent conduire au tribunal.

 

Quand s’exprimer devient «diffamer»

Quand un internaute compromet le droit à la réputation d’une personne, par exemple en la dénigrant auprès des autres ou en colportant de fausses rumeurs, il s’expose à une poursuite en «diffamation». Dans un tel cas, le juge examinera si les propos n’auraient pas dû être tenus et s’ils ont effectivement causé du tort. Le juge pourrait alors obliger l’internaute à payer une compensation à la personne dont la réputation a été atteinte. Il pourra aussi forcer l’internaute ou l’hébergeur qui a publié le contenu diffamatoire à le retirer.

Même chose quand un internaute viole le droit à la vie privée ou à l’image d’une personne, par exemple en révélant sur les médias sociaux des détails intimes sur une personne.

 

De la liberté d’expression au crime

Dépasser les limites de la liberté d’expression sur le web mène parfois à des conséquences criminelles. En effet, certains comportements peuvent devenir des crimes, par exemple:

  • Susciter la haine à l’égard d’un groupe de personnes identifiables par leur origine ethnique, leur orientation sexuelle, leurs croyances religieuses, etc.
  • Menacer de blesser ou de tuer quelqu’un
  • Intimider quelqu’un pour obtenir quelque chose
  • Harceler une personne au point où elle craint pour sa sécurité
  • Distribuer des images intimes d’une personne sans son consentement

Être reconnu coupable d’une de ces infractions peut entraîner une peine d’emprisonnement. De plus, le Code criminel prévoit que la peine doit être plus sévère quand le crime a été motivé par la haine de la race, de la langue, de la religion, du sexe ou de l’âge, par exemple.

Bref, il vaut souvent mieux tourner sa langue sept fois avant de parler… ou de cliquer sur «envoyer»!

 


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