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Actualité... Les victimes de violence conjugale et sexuelle pourront mettre fin à leur bail

Depuis le 1er avril 2006, la loi permet aux victimes et aux victimes potentielles de violence conjugale ou d’agressions à caractère sexuel qui souhaitent quitter leur logement de mettre fin à leur bail.

Cette possibilité met fin aux obligations financières du locataire envers le propriétaire et ce, dès la fin du bail. Les nouvelles dispositions viennent s’ajouter aux autres motifs qui permettent déjà à un locataire de mettre fin à son bail.

Dans les lignes qui suivent, Éducaloi vous renseigne sur les conditions et les démarches nécessaires pour profiter de ces nouvelles dispositions.

Qui peut mettre fin à son bail en vertu de ces nouvelles dispositions? À quelles conditions?



La loi ne prévoit qu’une seule condition : que la sécurité du locataire ou d’un enfant qui habite avec lui soit menacée.

À noter que le locataire n’est pas obligé d’avoir porté plainte à la police relativement à sa situation.

Quels types de situations de violence ou d’agressions à caractère sexuel sont reconnues comme justifiant une demande de fin de bail?


Toutes les situations de violence conjugale ou sexuelle, même latentes, sont reconnues, en autant qu’elles démontrent qu’il serait dangereux pour la sécurité du locataire ou d’un enfant qui habite avec lui de continuer à demeurer au même endroit.


Un locataire qui craint d’être agressé sexuellement par une personne qui connaît son adresse et qui habite ou circule dans son quartier peut aussi demander de mettre fin à son bail.

Quelle est la façon de procéder pour mettre fin à son bail en vertu de ces nouvelles dispositions?


Le locataire doit envoyer un avis écrit à son propriétaire. Il est toujours recommandé d’envoyer un tel avis par courrier recommandé, ou de le remettre en mains propres au propriétaire en échange de sa signature sur une confirmation. Ainsi, le locataire pourra prouver à la Régie du logement, au besoin, que l'avis a bien été reçu.

L’avis devrait contenir les informations suivantes:


Cet avis doit être accompagné d’une attestation (confirmation) à l’effet que le locataire est victime de violence conjugale ou d'une agression ou menace à caractère sexuel. (Voir question suivante).

Comment se procurer une attestation en vue de la résiliation de bail pour motifs de violence ou d’agression sexuelle?


Le locataire doit remplir une Demande d’attestation en vue de la résiliation d’un bail pour motifs de violence ou d’agression sexuelle. Ce formulaire est disponible:



Quel est le contenu d'une Demande d’attestation en vue de la résiliation d’un bail pour motifs de violence ou d’agression sexuelle?


Dans cette demande, le locataire doit fournir des informations sur son logement et son bail. Il doit joindre une copie du bail à la déclaration. Il doit aussi fournir, dans ses mots, toutes les informations pertinentes sur les motifs qui font que sa sécurité ou celle de son enfant est menacée, à moins d’avoir déjà donné une déclaration à cet effet à la police.

Le locataire doit autoriser le procureur aux poursuites criminelles et pénales à communiquer et à recevoir les renseignements qui pourraient être pertinents au traitement de la demande (par exemple, le rapport de police si la situation a déjà été dénoncée à la police).

Finalement, le locataire doit prêter serment devant un commissaire à l’assermentation et signer la déclaration. Un commissaire à l’assermentation est une personne qui a le pouvoir d’assermenter une autre personne. Ce peut être un membre d’une profession particulière (juge, greffier, notaire, avocat, maire, secrétaire-trésorier, etc) ou toute autre personne qui a reçu l’autorisation  (http://www.justice.gouv.qc.ca/francais/formulaires/com-asser/com-asser.htm) du ministère de la Justice.

La demande doit ensuite être envoyée au Bureau des procureurs aux poursuites criminelles et pénales (anciennement « substituts du procureur général ») du palais de justice le plus près du logement. Cependant, si une plainte a été déposée auprès du Service de police de la Ville de Montréal, elle doit être envoyée au Bureau des procureurs de la Cour municipale de Montréal. La demande sera traitée de façon confidentielle.

Quand le locataire recevra-t-il l’attestation?


Sans fixer de durée précise, la loi impose au responsable des attestations l’obligation d’agir avec célérité, c’est-à-dire rapidement.

Quand le bail sera-t-il considéré comme terminé?


La résiliation (fin du bail) prendra effet :


Le locataire peut quitter le logement avant la fin de ces délais. Il est toutefois responsable du loyer jusqu’à la date de résiliation, qu’il quitte ou non le logement.

D’autre part, le locataire qui quitte le logement sans un avis de résiliation en bonne et due forme reste responsable du loyer pour toute la durée du bail, à moins de s’être entendu avec son propriétaire.

Le propriétaire peut obtenir un jugement contre lui s’il ne paie pas. Cela peut affecter négativement le dossier de crédit du locataire.

Quels sont les autres motifs pour lesquels un locataire peut légalement mettre fin à son bail?



Le locataire qui n’est pas dans une situation qui lui permet de résilier son bail dispose quand même d’autres options, comme la cession de bail et la sous-location, pour lui permettre de quitter son logement en toute légalité.

Pour en savoir plus, consultez notre capsule La résiliation de bail pour violence conjugale ou sexuelle  (http://www.educaloi.qc.ca/abonport/violence_conjugale/378/).

Pour toutes les autres questions juridiques touchant à la rupture ou à la violence conjugale, consultez « À Bon Port   (http://www.educaloi.qc.ca/abonport/)».

Pour télécharger le formulaire de Demande d’attestation en vue de la résiliation d’un bail pour motifs de violence ou d’agression sexuelle,   (http://www.justice.gouv.qc.ca/francais/formulaires/bail/bail.htm)cliquez sur le lien.