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Le régime fédéral de fixation des pensions alimentaires pour enfants
Parents
Votre conjoint et vous-même ne vous entendez plus. Vous avez décidé de rompre et vous avez un ou plusieurs enfants. En règle générale, la pension alimentaire pour eux sera déterminée selon le modèle québécois de fixation des pensions alimentaires pour enfants. Cependant, si l’un des conjoints réside hors du Québec, elle le sera en vertu du régime fédéral.
Dans cette capsule, Éducaloi vous indique dans quels cas les lignes directrices fédérales s'appliquent et fait le point sur ces règles.
Au Québec, le régime fédéral s’applique lorsque les conditions suivantes sont réunies :
Voici un exemple : Mario et Claire veulent divorcer. Ils ont deux enfants. Mario vit en Ontario avec ces derniers depuis maintenant cinq ans alors que Claire est demeurée au Québec. La pension alimentaire pour les enfants sera déterminée selon le régime fédéral. Voyons un autre exemple : Nathalie a déposé une demande de divorce au Québec. Son conjoint, Simon, réside en France depuis quelques mois. Ils sont les parents d’une fillette de deux ans. Le montant de la pension alimentaire que Simon versera pour sa fille sera déterminé en vertu du régime fédéral. Rappelons que si les deux parents résident au Québec, la pension alimentaire pour enfants sera déterminée selon le modèle québécois, peu importe qu’ils aient été mariés, unis civilement ou conjoints de fait. Pour plus d'informatin sur ce modèle, consultez la capsule: le modèle québécois de fixation des pensions alimentaires pour enfants. Enfin, notez que le régime fédéral, tout comme le modèle québécois, sert uniquement à déterminer le montant de la pension alimentaire pour enfants et non à fixer une éventuelle pension pour l’ex-conjoint.
Les principes du régime fédéral sont établis par la Loi sur le divorce et par les Lignes directrices fédérales sur les pensions alimentaires pour enfants :
Dans l’exemple de Claire et Mario, où Claire réside au Québec alors que Mario vit avec les enfants en Ontario, on appliquera la table du Québec : Mario ayant la garde des enfants, c’est Claire qui paiera une pension et on appliquera la table de la province de résidence de celle-ci. Dans l’exemple de Nathalie et Simon, où Nathalie demeure au Québec alors que Simon vit en France, on appliquera aussi la table du Québec : Nathalie ayant la garde de l’enfant, c’est Simon qui paiera une pension. Comme il habite à l’extérieur du Canada, on appliquera la table de la province de résidence de Nathalie. Rappelons que, désormais, la pension alimentaire pour enfants est défiscalisée : le parent qui la reçoit n’a pas à l’inclure dans son revenu et celui qui la paie ne peut la déduire. La seule exception concerne les jugements de pension alimentaire rendus avant le 1er mai 1997 : à moins que les parents n’y consentent ou qu’un jugement de modification ne soit rendu, la pension continue à être imposable entre les mains du bénéficiaire et déductible pour le payeur. Pour plus d'information sur l'impact de la pension alimentaire sur l'impôt consultez la capsule: L'impôt et les pensions alimentaires.
Tout d’abord, précisons qu’il s’agit des revenus annuels bruts, donc avant impôts.
Les revenus considérés pour la pension alimentaire de base sont ceux du payeur. On ne tiendra compte de ceux du parent qui reçoit la pension que s’il y a des dépenses spéciales pour les enfants. En substance, les revenus annuels sont ceux figurant dans la déclaration fiscale : le « Revenu total » indiqué dans la formule T1 générale de Revenu Canada regroupe les divers revenus qu’on retient pour la détermination de la pension alimentaire. Dans le cas où le payeur réside à l’extérieur du Canada, son revenu sera évalué comme s’il habitait toujours au Canada. Des ajustements pourraient toutefois être faits en fonction des impôts qu’il paie déjà dans le pays où il vit, qui peuvent affecter sa capacité de payer. Le tribunal jouit d’une grande discrétion pour établir ou augmenter le revenu d’un parent afin de fixer la pension alimentaire, par exemple quand il refuse de travailler ou le fait au noir.
La pension alimentaire de base est censée couvrir les besoins essentiels des enfants. Les montants indiqués dans les tables représentent le coût moyen des dépenses engagées pour eux : plus son revenu est élevé, plus un parent débourse pour ses enfants. On présume que celui qui a la garde participe lui aussi aux dépenses des enfants, quel que soit le montant de pension que le parent non gardien lui verse.
Cependant, comme c’est le cas avec le modèle québécois, certains débours font l’objet d’un calcul distinct parce qu’ils ne sont pas forcément inclus dans les besoins de base des enfants. Les dépenses spéciales sont, entre autres :
Les frais de garde dont on tient compte sont ceux que doit payer le parent gardien :
Il ne s’agit donc pas du coût relié à la garde des enfants pendant les loisirs, qui est inclus dans la pension alimentaire de base. Il faut évaluer les frais de garde nets, c’est-à-dire une fois déduits les crédits d’impôt et exemptions qui s’y rattachent. Quant aux autres dépenses spéciales, il faut démontrer qu’elles sont nécessaires et raisonnables eu égard aux ressources des parents et aux habitudes de la famille avant la séparation.
Quand on parle de garde, on entend forcément celle d’enfants mineurs. Il n’est plus question de garde quand un enfant devient majeur, même s’il peut être encore à la charge de ses parents.
Contrairement au modèle québécois, le régime fédéral ne prévoit pas plusieurs types de garde. Les tables établissent le montant payable dans les cas de garde exclusive. Seules deux autres situations peuvent influer sur la pension alimentaire :
Dans la première situation (garde exclusive à chaque parent), on calcule le montant que chacun devrait normalement payer à l’autre : la pension alimentaire représentera la différence entre ces deux montants. Dans la deuxième situation (garde partagée), il peut y avoir un ajustement de la pension alimentaire pour tenir compte du temps que l’enfant passe avec chaque parent, des coûts particuliers occasionnés par la garde partagée, ainsi que des besoins et des moyens des parents et des enfants. Il est à noter qu'on n'encourage pas les parents à calculer chaque minute de garde de façon maniaque. En effet, si le parent se met à voir son enfant un peu plus ou un peu moins, de façon non excessive, un juge ne va pas automatiquement reconnaître qu'il y a eu un changement de garde et modifier la pension alimentaire en conséquence. Le meilleur intérêt de l'enfant demeure toujours le critère principal.
Rappelons d’abord que les lignes directrices fédérales ne s’appliquent que dans les cas de divorce.
Dans la Loi sur le divorce, un enfant majeur est considéré comme un « enfant à charge » s’il ne peut subvenir à ses propres besoins, par exemple en raison d’une maladie ou parce qu’il poursuit des études. Dans de tels cas, le parent chez qui le jeune réside peut obtenir de l’autre parent une pension alimentaire pour lui. Pour déterminer la pension alimentaire payable pour un enfant majeur, on peut s’inspirer des lignes directrices et adapter le résultat en fonction des ressources, des besoins et, de façon générale, de la situation du jeune. On tiendra compte également de la capacité financière des parents. Soulignons qu’un jeune adulte ne peut pas compter indéfiniment sur le soutien financier de ses parents. En règle générale, on admet aujourd’hui que l’obtention d’un diplôme universitaire de premier cycle est un objectif raisonnable pour un jeune, et que ses parents doivent l’appuyer financièrement. Cependant, tout dépend de leur propre niveau d’instruction et de leurs revenus. Par ailleurs, les tribunaux exigent que le jeune contribue à ses dépenses (par exemple, en travaillant à temps partiel), étudie de façon sérieuse et tienne ses parents informés de ses résultats scolaires. Comme chaque cas est particulier, nous vous recommandons de consulter un spécialiste en droit de la famille afin de déterminer si votre enfant majeur peut être considéré comme un « enfant à charge » au sens de la Loi sur le divorce et pour évaluer la pension alimentaire qui pourrait être versée pour lui.
Vous devez payer une pension alimentaire pour votre enfant jusqu’à ce qu’il soit majeur et ne soit plus à la charge de ses parents.
S’il survient un changement important dans la situation des parents ou celle des enfants, les parents peuvent négocier une modification du montant de la pension alimentaire. À défaut d’entente, ils peuvent présenter une demande en ce sens au tribunal. Notez qu’au Québec la pension alimentaire est indexée automatiquement le 1er janvier de chaque année, à moins que le jugement contienne une mention à l’effet contraire. Le jugement peut aussi ordonner aux parents de se transmettre réciproquement, à chaque année, une copie de leurs déclarations fiscales ou une autre preuve de leurs revenus, ce qui leur permet d’évaluer la pertinence de négocier ou de faire modifier la pension alimentaire. Si votre jugement ne contient pas une telle ordonnance, vous pouvez quand même demander par écrit à votre ex-conjoint de vous fournir ces documents; attendez-vous toutefois à ce qu’il en fasse autant envers vous. Si vous avez de la difficulté à obtenir de votre ex-conjoint ces renseignements ou si vous désirez présenter une demande de modification de la pension alimentaire, il serait sage de consulter un avocat.
À l’instar du modèle québécois, la loi reconnaît aux parents le droit de convenir d’un montant de pension différent. Le tribunal doit prendre en considération le résultat de l’application des lignes directrices et il peut refuser d’entériner une entente qu’il estime déraisonnable. Il est donc important que les parents exposent clairement pourquoi ils se sont entendus sur un montant différent. Bien sûr, si la pension convenue est supérieure à celle des lignes directrices, il sera beaucoup moins difficile de faire accepter l’entente que si elle est inférieure.
Le ministère de la Justice Canada offre plusieurs outils d'information concernant les lignes directrices fédérales. Vous pouvez vous en procurer gratuitement plusieurs en allant sur son site Web.
Comme c’est le cas avec le modèle québécois, celui des parents qui estime que le montant de la pension alimentaire lui cause des « difficultés excessives » peut demander au tribunal une réduction ou une augmentation de ce montant.
La loi donne certains exemples de situations pouvant entraîner des difficultés excessives :
Pour convaincre le tribunal de diminuer ou d’augmenter la pension alimentaire, il faut démontrer que le résultat de l’application du formulaire cause réellement des difficultés excessives. Celles-ci ne se résument pas à devoir réduire quelque peu son train de vie, mais bien de ne pas être en mesure de payer un tel montant ou de ne pas pouvoir joindre les deux bouts. De plus, le tribunal doit refuser une demande fondée sur des difficultés excessives s’il constate que, par suite de l’application des lignes directrices, le ménage du parent qui invoque ces difficultés aurait un niveau de vie supérieur à celui du ménage de l’autre parent. Le tribunal pourrait alors prendre en compte les revenus d’un nouveau conjoint, puisque le terme « ménage » englobe les personnes qui vivent avec l'ex-conjoint concerné et dont il tire un avantage économique (par exemple, le partage de certaines dépenses). Toutefois, cela ne signifie nullement qu’un nouveau conjoint puisse être obligé de payer une pension alimentaire pour les enfants de cette nouvelle relation.
Le parent qui fait une demande de pension alimentaire doit, entre autres, fournir les documents suivants :
Le parent à qui la demande de pension alimentaire est faite doit fournir les mêmes documents.
Que vous versiez ou que vous receviez une pension alimentaire établie avant le 1er mai 1997, les lignes directrices ne s’appliquent pas automatiquement à vous : vous devez présenter une demande de révision de la pension afin d’y être assujetti.
L’une des principales différences entre l’ancien et le nouveau système est l’impact fiscal de la pension alimentaire. Avant le 1er mai 1997, elle était déductible d’impôt pour le payeur et imposable entre les mains du bénéficiaire : il est fort probable qu’on ait tenu compte de l’effet de l’impôt quand le montant de la pension a été déterminé dans votre dossier. Il est donc recommandé de vérifier auprès d’un professionnel si l’application des nouvelles règles serait avantageuse ou non dans votre cas. Par ailleurs, il faut mentionner qu'une demande de révision ne sera pas automatiquement accordée. Il est arrivé que les tribunaux rejettent une telle demande, notamment quand l’application des nouvelles règles avait peu d’impact ou qu’elle pénalisait les enfants. Pour plus d'information consultez : L’impôt et les pensions alimentaires.
Il est vrai que le processus de fixation des pensions alimentaires pour enfants a été simplifié et uniformisé entre le modèle québécois et le régime fédéral; bien des gens sont alors tentés de présenter seuls leur demande au tribunal, sans l’assistance d’un avocat, et c’est là leur droit le plus strict.
Toutefois, même si les lignes directrices semblent d’application facile à première vue, le montant de la pension est susceptible de varier en fonction de la situation particulière de chaque couple. Il est donc recommandé, à tout le moins, de faire vérifier vos calculs par un spécialiste en droit familial. Pour plus d'information sur le déroulement d'une cause en droit de la famille, consultez la section : Cour supérieure, chambre de la famille dans Côtécour.
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