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Ariane a 17 ans, toute sa vie devant elle et, oui, un «chum». Elle a décidé qu’elle prendrait la pilule et consulte son médecin, qui est aussi celui de sa mère… Elle n’a pas vraiment envie que sa mère l’apprenne, en tout cas pas tout de suite. Son médecin va-t-il le lui raconter? Non. Entre la mémoire de son médecin et sa langue, il y a le secret professionnel.
Dans cette capsule, Éducaloi vous explique ce qu’est le secret professionnel. Et pas seulement celui du médecin. Celui de l’avocat, du pharmacien, du psychologue et celui qui lie tous les professionnels québécois membres d’un ordre professionnel.
En gros, on parle d’un secret professionnel quand il est interdit à une personne – le professionnel – de révéler une information donnée qu’il a pu apprendre d’un client, même si on tente de le questionner devant un juge.
C’est un droit qui est reconnu de plusieurs façons. Au Québec, la Charte des droits et libertés de la personne en fait un droit spécifiquement reconnu pour les clients des professionnels ainsi que pour ceux qui se confient à un prêtre, un imam, un rabbin, un pasteur ou tout autre ministre du culte. La Charte canadienne des droits et libertés, elle, prévoit qu’un accusé a le droit d’avoir un avocat. Ce droit inclut celui de voir respecter le secret professionnel. Un avocat serait de bien peu d’utilité si on pouvait l’obliger à répéter tout ce que l’accusé lui dit! Attention toutefois! Seules certaines informations sont protégées par le secret professionnel. Et, même dans ce cas, la loi prévoit des cas où ce secret n’est plus absolu. Ces limites sont exposées dans les questions suivantes.
Ce droit procure évidemment un climat de confiance accru entre vous et le professionnel. En effet, vous pouvez lui confier toute information que vous n’oseriez pas divulguer à d’autres personnes, voire à vos meilleurs amis.
Ce droit au secret professionnel s’avère particulièrement rassurant dans le cadre d’une relation avec un professionnel du droit (avocat, notaire), de la santé (médecin, psychologue, infirmier) ou un professionnel ayant accès à vos ressources financières (comptable agréé, comptable en management accrédité, etc.). En effet, ces personnes ont souvent accès à des informations très intimes ou personnelles vous concernant ou en relation avec votre entreprise ou votre situation familiale.
Le client. Et seulement lui.
On croit souvent que le secret sert à protéger les professionnels eux-mêmes contre leurs clients. C’est faux. Un professionnel ne peut se réfugier derrière son secret pour refuser de répondre à l’inspecteur ou au syndic de son ordre. De même, si c’est son client qui le poursuit, il devra répondre aux questions qui lui seront posées. En revanche, un professionnel n’a pas à révéler devant les tribunaux les secrets de son client si c’est une troisième personne qui lui demande de témoigner. En fait, il n’aura même pas besoin de refuser de répondre puisque le juge devra lui interdire de le faire. La seule personne qui peut décider d’autoriser un professionnel à révéler une information protégée par le secret professionnelle, c’est vous, son client. Il existe cependant des cas extrêmes, ou des urgences qui permettent au professionnel de révéler ce qui est strictement nécessaire pour empêcher une chose très grave d’arriver. Ces exceptions sont vues plus loin.
Il y a deux grandes conditions pour qu’une information soit protégée:
Dans certains cas, même votre identité pourrait être protégée par le secret professionnel si vous donniez des instructions précises en ce sens et que vous aviez des raisons légitimes d’exiger cette protection.
Il y a plusieurs situations où un secret professionnel peut être révélé.
Par exemple:
Non. Il faut que le client poursuive un objectif légal, pour profiter du secret professionnel.
Imaginons, par exemple, qu’un trafiquant soit accusé pour avoir vendu de la morphine qu’il obtenait d’un pharmacien avec de fausses prescriptions. Ce serait vraiment trop bête si le pharmacien devait opposer un secret professionnel pour taire ce qu’il sait.
Oui.
Si le professionnel que vous consultez ne respecte pas votre droit au secret professionnel, il a commis une faute professionnelle. Vous pouvez exigez qu’il respecte votre secret et réclamer des dommages en envoyant une mise en demeure, puis, éventuellement, en poursuivant le professionnel fautif devant les tribunaux civils. Vous pouvez aussi vous plaindre à l’ordre professionnel auquel appartient le professionnel fautif. Le conseil disciplinaire d’un ordre peut imposer des sanctions qui vont de la simple réprimande à l’interdiction de pratiquer. Pour en savoir plus, consultez nos capsules:
Non. Il y a des lois qui protègent la vie privée des gens, même si ça n’a rien à voir avec un secret professionnel. Par exemple, votre banque ou votre émetteur de carte de crédit doit garder confidentielle l’information que vous leur transmettez sur votre situation financière.
Il y a aussi des lois qui imposent le devoir d’être loyal et discret dans certaines situations. Des exemples?
Il y a aussi bien des contrats où les signataires se promettent mutuellement de ne pas révéler telle ou telle information, notamment en matière financière. Cette obligation d’être discret est beaucoup moins absolue qu’un véritable secret professionnel. Ainsi, quelqu’un qui doit être discret devra quand même répondre aux questions qu’on lui posera peut-être un jour au tribunal.
Non. Son obligation au secret durera tant et aussi longtemps qu’il vivra. Et son ancien ordre professionnel pourra continuer de veiller à ce qu’il conserve vos secrets.
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