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Les principales infractions contre la personne
Contrevenants et accusés
Johanne s’affaire à vider l’appartement des choses qui lui appartiennent et s’apprête à ranger l’ordinateur dans une boîte quand Henri l’arrête en lui disant que l’objet est à lui. L’orage éclate, tous deux revendiquent la propriété de l’ordinateur et la chicane dégénère rapidement quand la propriété de bien d’autres objets est remise en cause. Excédée, Johanne crache au visage d’Henri et claque la porte en criant que « si c’est comme ça, je vais m’arranger pour que ta précieuse auto se retrouve chez le débosseleur ». Johanne sait-elle qu’elle vient de commettre deux infractions criminelles?
Les infractions contre la personne sont celles qui portent atteinte à l’intégrité physique d’un individu. Elles incluent les voies de fait (qui comprennent les agressions sexuelles), les menaces, le harcèlement, l’intimidation, l’homicide involontaire, la tentative de meurtre, le meurtre, les enlèvements et la séquestration. Dans cette capsule, Éducaloi vous renseigne au sujet de ces infractions.
Les voies de fait, aussi appelées agressions, consistent en l’emploi de la force contre une personne sans son consentement. On distingue plusieurs types de voies de fait, dont les voies de fait simples, les voies de fait graves, les voies de fait armées, les voies de fait causant des lésions (blessures) et les différentes formes d’agression sexuelle. Voici, à titre d’exemple, quelques comportements qui entrent dans cette catégorie d’infraction criminelle :
La personne reconnue coupable de voies de fait est passible d’une peine d’emprisonnement d’une durée maximale de cinq ans.
L’intimidation, c’est quand une personne qui n’en a pas le droit :
L’infraction peut notamment être commise :
Exemple : Jenna a peur d’Axel. Elle tente de sortir de la maison mais Axel lui barre le passage. Elle veut appeler la police, mais il la menace de lui faire mal si elle le fait. La personne déclarée coupable de l’infraction d’intimidation est passible d’une peine d’emprisonnement d’une durée maximale de cinq ans.
Le harcèlement criminel est le fait d’adopter des comportements faisant craindre à une personne que sa sécurité ou celle de ses proches est compromise. La personne qui harcèle doit savoir que l’autre se sent harcelée ou ne pas se soucier qu’elle se sente harcelée.
Généralement, le harcèlement consiste en des actes répétés qui, pris dans leur ensemble et dans le contexte qui leur est spécifique, sont inquiétants pour la personne qui les subit. Le simple fait de déranger ou d’incommoder autrui ne constitue cependant pas du harcèlement. Les comportements suivants constituent, aux yeux de la loi, des actes de harcèlement : suivre ou surveiller une personne ou encore communiquer avec elle de façon répétée. Exemple : Jeremy, le patron de Carl, l’a congédié hier soir. Carl a essayé de lui téléphoner pour arranger les choses mais Jeremy a raccroché à chaque fois. Carl téléphone 25 fois dans la soirée pour lui crier des bêtises. Puis, ivre de colère, il se rend à la résidence de Jérémy. Il sonne à la porte plusieurs fois sans obtenir de réponse, puis se stationne dans la rue en attendant que Jeremy sorte de chez lui. Carl répète ce comportement toute la semaine. La personne reconnue coupable de harcèlement est passible d’une peine d’emprisonnement d’une durée maximale de 10 ans. En vertu du Code criminel, le juge doit interdire à la personne condamnée de posséder une arme pour une période de 10 ans.
Quand une personne téléphone à une autre de façon répétée avec l’intention de la déranger ou de la harasser.
Exemple : Cameron et Natasha se sont séparés. Cameron refuse de parler à Natasha. Désespérée, Natasha téléphone à Cameron des dizaines de fois dans la même soirée. En vertu du Code criminel, la personne déclarée coupable d’une pareille infraction est passible d’une peine d’emprisonnement d’une durée maximale de six mois ou d’une amende maximale de 2 000 $.
Lorsqu’une personne manifeste son intention de faire du mal à une autre personne, elle commet l’infraction de menaces. Pour être de nature criminelles, les menaces doivent cependant porter sur le fait de :
Pour que l’infraction de menaces soit commise, il faut prouver que l’auteur des menaces avait l’intention d’intimider la victime ou de lui faire craindre pour sa sécurité. Donc, si l’objectif de l’agresseur est de faire peur à la victime, même si l’agresseur n’a pas l’intention mettre ses menaces à exécution, il s’agit bien d’une infraction. Cette infraction peut être commise en menaçant directement une personne ou en lui adressant les menaces par l’intermédiaire d’une autre personne. Prenons un exemple. Julie appelle Paul et lui dit : « Tu diras à Pierre que je vais crever les pneus de son auto.» En cas de condamnation, la personne qui a agi de cette manière est passible d’une peine d’emprisonnement d’une durée maximale de cinq ans.
Quand une personne cause volontairement la mort d’une autre personne, on parle de meurtre. Quand elle cause la mort d’une personne sans avoir eu l’intention spécifique de tuer, il s'agit alors d’homicide involontaire. La tentative de meurtre est un meurtre qui a échoué. Il faut donc que la personne ait eu la volonté ou l’intention spécifique de tuer mais que son projet échoue.
Voici quelques exemples :
Toute personne déclarée coupable de meurtre, de tentative de meurtre ou d’homicide involontaire est passible d’une peine d’emprisonnement à vie.
Un meurtre au premier degré est un meurtre "prémédité" et de "propos délibéré". Le meurtre prémédité est planifié à l'avance, même si ce n'est que quelques minutes avant. Le « propos délibéré » signifie que le meurtrier, qui doit être pourvu d’une intelligence ou d’une capacité à comprendre les actes qu’il accomplit, a pris le temps de réfléchir à la portée de son geste. Pour qu’un meurtre soit qualifié de meurtre au premier degré, on doit retrouver ces deux éléments.
Il y a toutefois des exceptions prévues par le Code criminel où un meurtre peut être qualifié de meurtre au premier degré même s’il n’est pas prémédité et de propos délibéré. Le meurtre est au deuxième degré lorsqu’il n’est pas au premier degré. Quelques exemples:
La distinction entre meurtre au premier degré et meurtre au deuxième degré devient importante au moment de déterminer la sentence. Normalement, un juge imposera une sentence plus lourde à un individu qui commet un meurtre au premier degré. Toutefois, il faut noter qu’il prendra également d'autres facteurs en considération, dont les antécédents judiciaires de l’individu à qui il doit imposer une sentence.
L’infraction d’enlèvement est commise lorsqu’une personne enlève une autre personne avec l’intention de l’emprisonner contre son gré ou de la détenir pour obtenir une rançon ou un service.
Exemple : en pleine nuit, Boris entre dans la maison d’Anastasia. Il s’empare d’elle, l’emmène avec lui dans un chalet en pleine campagne et cherche à la convaincre d’avoir une relation sexuelle avec lui. La peine maximale pour l’infraction d’enlèvement est l’emprisonnement à perpétuité. S’il y a eu usage d’une arme à feu pendant l’infraction, la loi prévoit une peine minimale de quatre ans d’emprisonnement. Pour l’infraction de séquestration, la preuve doit révéler que l’accusé a retenu quelqu’un contre son gré dans un endroit. Exemple : Boris entre dans la maison d’Anastasia. Boris est agressif et crie très fort. Anastasia veut quitter la maison pour trouver refuge ailleurs, mais Boris l’empêche de sortir en le menaçant de violence. Le tout dure toute la nuit. La peine maximale pour l’infraction de séquestration est de 10 ans d’emprisonnement. En principe, le fait que la victime de l’une ou l’autre de ces infractions n’ait pas résisté à son agresseur ne constitue pas une défense contre des accusations criminelles. Cette absence de résistance pourra servir à disculper l’accusé seulement s’il peut prouver qu’elle ne découle pas de son propre comportement violent, agressif ou menaçant.
Cette infraction est commise lorsqu’une personne enlève ou fait enlever une personne de moins de 16 ans, et ce sans l’autorisation et contre la volonté du père ou de la mère de l’enfant, de son tuteur ou de celui qui en a la garde ou la charge légale.
Exemple : Nora et James sont séparés depuis une semaine. Ils ont un fils, Cody, âgé de trois ans. Le tribunal ne s’est pas encore prononcé sur la garde de cet enfant. Dans les faits, cependant, les parents se sont entendus pour que Cody soit gardé par James. Nora décide d’aller chercher Cody à la garderie et de le ramener chez elle. James, venu chercher son enfant peu après, constate son départ de la garderie et appelle la police. La peine pour ce type d’infraction est l’emprisonnement pour une durée maximale de cinq ans. Il existe une autre infraction en ce qui concerne l'enlèvement d'une personne de moins de 14 ans - voir la question suivante.
Oui. Un parent, un tuteur ou une autre personne ayant la garde légale d’un enfant âgé de moins de 14 ans qui enlève, retient, cache ou héberge cet enfant commet une infraction, qu’un jugement en matière familiale concernant la garde de cet enfant ait été rendu au Canada ou non. La preuve doit révéler que la personne ayant enlevé l’enfant avait l’intention de priver, selon le cas, le parent, le tuteur ou toute autre personne qui en a la garde légale de la possession de l’enfant.
La personne accusée de cette infraction ne peut être condamnée si l’autre parent était d’accord pour que l’enfant reste avec elle. Le fait que l’enfant voulait partir avec son parent ne peut servir de défense à l’accusé. Par exemple, Peng et Chang sont séparés. Ils ont une petite fille, Liu. Le tribunal en matière familiale a attribué une garde partagée aux deux parents: chacun aura Liu une semaine sur deux. Peng prend l’enfant la première semaine. À la fin de cette semaine, Peng cache l’enfant chez sa tante pour empêcher Chang de venir la chercher. Peng vient de commettre une infraction. La personne reconnue coupable de cette infraction est passible d’une peine d’emprisonnement d’une durée maximale de 10 ans.
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