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![]() Tribunal des droits de la personne
Procureur du demandeurÇa fait six ans que je suis avocate de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. Au cours de ces années pleines de défis, j’ai défendu les intérêts de plusieurs personnes victimes de harcèlement, de discrimination ou d’exploitation. J’ai choisi de travailler pour la Commission parce que j’aime penser que mon travail contribue à débarrasser la société québécoise de certains préjugés, ou du moins à en atténuer les effets néfastes : le racisme, le sexisme, l’homophobie… la liste est malheureusement longue.Aujourd’hui, je représente la Commission, qui poursuit un propriétaire à la suite d’une plainte pour discrimination en matière de logement. Le défendeur aurait refusé de louer un logement au plaignant parce que celui-ci et sa conjointe ont deux petits garçons. Même si je défends ses intérêts, le plaignant n’est pas mon client. C’est le témoin de la Commission, l’équivalent de la victime en droit criminel. C’est la Commission qui paie mon salaire. Si le plaignant veut obtenir des conclusions différentes de celles demandées par la Commission (par exemple, s’il veut obtenir plus d’argent), il pourra intenter un recours à ses frais, à certaines conditions. Mon travail commence bien avant mon premier contact avec le plaignant. Lorsque les enquêteurs de la Commission ont terminé d’examiner une plainte, ils déposent leur dossier. Je consulte alors les documents et les témoignages recueillis auprès du plaignant et de la personne dont il se plaint. Je décide ensuite avec les autres avocats de la Commission, après des recherches juridiques parfois très pointues, si la Commission devrait engager des poursuites. Quand nous concluons qu’il faut agir, la Commission émet une résolution. C’est un peu comme une mise en demeure, une dernière chance offerte à la personne de réparer son geste. Si elle refuse, la Commission peut alors entamer des procédures. Mon travail ressemble beaucoup à celui de n’importe quel avocat qui pratique en droit civil, sauf que j’ai la chance de pratiquer exclusivement dans le domaine des droits et libertés de la personne. Et les juges et les assesseurs devant qui je plaide sont tous, comme moi, des spécialistes des problématiques liées à la discrimination. Quand j’évoque la Charte, tout le monde sait de quoi je parle! Une partie plus difficile de mon travail est de côtoyer des personnes stressées et sous pression. Moi-même, je dois parfois calmer mon indignation pour conserver ma distance professionnelle. Je dois garder la tête froide et rester calme. Personne n’a jamais gagné un point en criant au scandale! |