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![]() Cour supérieure - En matière civile - volet famille
Procureur du demandeurLa demanderesse a retenu mes services pour la représenter dans ses démarches en vue d’obtenir le divorce. Nous voici rendus à l’étape finale, celle du procès devant le tribunal. En effet, en dépit de mes efforts et de ceux de l’autre procureure, malgré la médiation familiale et les négociations, il nous a été impossible d’en arriver à une entente sur toutes les conséquences de la rupture et nous devons demander au tribunal de trancher les points en litige. Parmi ceux-ci, le plus important concerne la question des modalités de garde du fils des parties.Mon travail a débuté dès la première rencontre avec ma cliente, qui m’a alors exposé ses difficultés conjugales et fait part de son intention de divorcer. J’ai d’abord discuté avec elle des possibilités de réconciliation, puis je l’ai renseignée sur les conséquences et les objectifs de la loi en matière de divorce ainsi que sur les services qui pourraient l’aider à favoriser un rapprochement avec son mari. En effet, on oublie souvent que le divorce a des répercussions importantes sur l’ensemble de la vie des gens, c’est pourquoi il ne faut pas le demander à la légère. J’ai aussi parlé à ma cliente des moyens, comme la négociation et la médiation familiale, qui lui permettraient d’en arriver à une entente à l’amiable sur les conséquences du divorce, le cas échéant. Quand je prépare une déclaration en divorce, j’apporte un soin minutieux à la présentation des faits, des motifs et des demandes de mes clients. L’un de mes devoirs consiste à donner l’heure juste à mes clients, c’est-à-dire à les renseigner sur l’état du droit et à leur soumettre mon opinion juridique quant au réalisme de leurs attentes. Les gens sont parfois déçus, mais il vaut peut-être mieux éprouver une déception dans le bureau de son avocat que de perdre un procès ! Le procès est l’aboutissement d’un long travail de recherche, d’échange de procédures, de discussions avec mes clients et les autres procureurs, d’interrogatoires, de demandes d’expertise, etc. Quand j’entre dans la salle d’audience, je connais mon dossier par cœur. Mon objectif est d’exposer les faits et le droit au juge le plus clairement possible. Ce travail exige une concentration de tous les instants. Je prends de nombreuses notes pour adapter ma plaidoirie à la preuve soumise. Ne croyez pas que je peux gagner une cause en me fiant à mes seules qualités de plaideur ! Peut-être est-ce à cause du cinéma et de la télévision, mais il reste que bien des gens croient que la plaidoirie est une joute oratoire sur laquelle repose l’issue du procès. Cela est faux : le juge doit rendre sa décision non pas en fonction de la performance des plaideurs, mais sur la base des faits présentés devant lui et du droit applicable à la cause. Je crois que ce qui fait la particularité des causes en droit de la famille, c’est la grande émotivité des parties. La colère, le chagrin, l’anxiété et un sentiment d’échec sont des réactions que l’on voit fréquemment, et elles sont normales, dans les circonstances. Bien que je ne sois pas insensible aux émotions ressenties par mes clients, je dois m’en distancier pour bien les conseiller et les représenter. Croyez-moi, ce n’est pas toujours facile, surtout quand le litige concerne leurs enfants… Bien souvent, le conflit entre les parties s’apaise au fil des étapes du dossier, et une entente qui semblait de prime abord impossible le devient au terme du processus. C’est pourquoi la plupart des causes en matière familiale se règlent à l’amiable. Je tente d’utiliser toutes les ressources favorisant cet objectif, y compris la conférence de règlement amiable animée par un juge. Je suis heureux lorsque mes efforts mènent à une entente équitable. Mais si cela s’avère impossible, je m’efforce de représenter mes clients du mieux que je peux, dans les limites du mandat qu’ils m’ont confié, en faisant appel à mes connaissances et à mon expérience. Voilà, je crois que ces quelques lignes résument bien mon rôle de procureur de la demanderesse. Ce que j’apprécie le plus dans mon travail, c’est l’absence de monotonie et les contacts humains. Il m’importe de m’acquitter de ma tâche avec intégrité et professionnalisme, sans donner à mes clients de faux espoirs mais en les représentant avec détermination afin que le résultat soit le plus satisfaisant possible pour eux. |