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![]() Cour supérieure - En matière civile-volet famille
Procureur du défendeurMon client m’a téléphoné le jour même où il a reçu une copie de la déclaration introduisant une demande de divorce. Les premières choses que je fais dans un tel cas sont d’obtenir certains renseignements du client (comme la nature exacte de la procédure) et de lui fixer un rendez-vous rapidement. Lors de la première rencontre, je dois renseigner le client sur les conséquences et les objectifs de la loi en matière de divorce ainsi que sur les services qui pourraient favoriser une réconciliation. Si la réconciliation entre les conjoints s’avère impossible, je dois alors discuter avec mon client des moyens qui leur permettraient d’en arriver à une entente sur les conséquences du divorce.Pour mes clients, ce sont souvent des heures difficiles à passer, et la perspective de se présenter devant le tribunal les inquiète. Je leur explique les diverses étapes du dossier et je vois avec eux quelles sont les questions les plus urgentes à régler, ce qui suffit généralement à les rassurer. J’estime qu’il est important de traiter chaque sujet indépendamment des autres : il faut éviter de lier les questions financières à celles qui concernent la garde des enfants, par exemple. En abordant les problèmes un à un, on élabore une solution pour chacun d’eux et on réduit ainsi le nombre de points en litige. Il n’est pas facile d’annoncer à un client que ce que prévoit la loi ne correspond pas nécessairement à ses désirs. À titre d’exemple, un client qui veut demander la garde partagée de son fils pour ne pas avoir à payer de pension alimentaire sera fort désappointé par mes explications si ses revenus excèdent ceux de la mère, puisque même si sa demande de garde est accordée il devra quand même verser une pension (ajustée en conséquence, comme de raison). En plus de l’obligation de bien conseiller mon client, je dois également le représenter et ce, même s’il choisit une avenue qui va à l’encontre de mes conseils. Il m’arrive toutefois de refuser certains mandats quand je suis convaincue que les attentes du client sont irréalistes. Mon travail demande de la patience et de la rigueur. Je dois m’assurer de bien saisir la situation, prendre le temps d’y réfléchir et effectuer les recherches nécessaires pour en couvrir tous les aspects. Mon client vivra avec les conséquences de mes conseils : je dois donc bien peser le pour et le contre avant de les lui prodiguer. Généralement, le client aimerait que le litige soit réglé très rapidement, mais il faut franchir les étapes du dossier une à la fois. De plus, l’écoulement du temps aide souvent les conjoints à surmonter leurs difficultés de communication, ce qui facilite les négociations et les règlements. En matière familiale, je représente des clients tant en demande qu’en défense. Bien que chaque cas ait ses propres particularités, les mêmes questions sont régulièrement débattues dans ce genre de causes. Je dois non seulement tenir compte du point de vue du client, mais aussi connaître celui de la partie adverse, pour avoir une vue d’ensemble du dossier tel qu’il sera soumis au tribunal. Il m’est impossible de prédire l’issue d’un procès : les décisions ne relèvent pas de moi, mais du juge. J’estime donc qu’il est nécessaire de préparer mon client à la possibilité que le jugement devant être rendu ne lui donne pas gain de cause sur toute la ligne. Le droit familial m’apporte beaucoup de satisfaction lorsque le résultat obtenu, au moyen d’un règlement à l’amiable ou au terme d’un procès, me paraît équitable et satisfaisant pour mon client. C’est un domaine du droit qui touche les gens dans leur vie intime et je suis fière de pouvoir les aider à traverser cette période souvent difficile de leur vie. |