Cour supérieure - En matière civile-volet famille

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Après 15 ans mon mariage se détériorait à tous les jours. Mon mari et moi ne nous parlions plus, et chacun avait ses loisirs et ses amis. Nous ne faisions pratiquement plus rien ensemble. Nous avions même commencé à faire chambre à part. Je me suis rendu compte que tout ce qui me retenait pour ne pas partir, c’était notre fils. J’ai abordé le sujet à quelques reprises avec mon mari, mais rien ne changeait vraiment. Je suis allée passer deux semaines chez ma sœur afin de réfléchir, et j’en suis arrivée à la pénible conclusion qu’il fallait mettre fin à cette union.

Je ne connais pas grand-chose à la loi; c’est pourquoi il m’a paru plus sage de consulter un avocat avant de faire quoi que ce soit. Celui que j’ai rencontré, et qui me représente depuis, m’inspire confiance. Il s’est d’abord assuré de mes intentions, a discuté avec moi des possibilités de réconciliation avec mon mari et m’a parlé des moyens que je pourrais prendre pour en arriver à une entente avec ce dernier sur les conséquences du divorce.

J’ai décidé de ne pas retourner à la maison et d’entreprendre des procédures de divorce. Vu l’indifférence de mon mari chaque fois que j’ai tenté d’en discuter avec lui, j’ai donné mandat à mon avocat de lui signifier une demande de divorce afin qu’il comprenne bien que notre relation était terminée en ce qui me concernait. Mon mari a mieux réagi que je ne le craignais; en fait, il m’a dit récemment que, pour lui aussi, la vie commune était devenue insupportable.

Dès le début des procédures, nous nous sommes entendus sur un partage égal du temps de garde de notre fils, qui avait 10 ans à l’époque. Comme ça, il passait la moitié du temps chez son père et l’autre, avec moi, dans ma nouvelle résidence.

Sur la recommandation de mon avocat et sachant que mon mari était d’accord, j’ai accepté de recourir à la médiation familiale. Avec l’assistance du médiateur et les conseils de nos avocats respectifs, nous sommes parvenus à nous entendre sur les conséquences financières de notre rupture, y compris le partage des biens. Je croyais sincèrement que nous pourrions continuer à nous partager la garde de notre fils, mais un imprévu s’est produit : mon employeur m’a fait une offre dont je rêvais depuis des années, soit un poste à l’étranger, dans un pays merveilleux et à des conditions très avantageuses.

J’ai beaucoup hésité avant d’accepter cette offre, sachant qu’elle aurait des répercussions sur les modalités de garde de notre fils. J’en ai d’ailleurs discuté avec mon fils et mon avocat. J’ai pesé le pour et le contre. Je ne pouvais laisser passer une telle occasion et, tout bien considéré, j’ai dit oui.

Je comprends que mon mari soit très déçu de la tournure des événements et que, de son côté, notre fils soit indécis : tantôt celui-ci désire venir vivre avec moi cette formidable expérience, tantôt il veut plutôt rester avec son père et surtout, je crois, ne pas s’éloigner de ses amis. Mon mari est un excellent père, mais je suis sûre que ma relation avec notre fils est beaucoup plus profonde... C’est normal, puisque je suis restée à la maison pendant cinq ans après sa naissance. Je crains de trop lui manquer si nous sommes séparés et, d’ailleurs, il m’a fait part, lui aussi, de cette inquiétude.

Pour éviter de bouleverser inutilement mon garçon, je m’abstiens de lui poser des questions. Il a sa propre avocate, à qui il peut confier ses désirs et ses inquiétudes. Elle semble lui avoir bien expliqué son rôle et ce qui se passera à la cour. Ainsi, il n’a pas l’air d’être trop perturbé par la perspective de se présenter devant le tribunal.

Mon avocat m’a aussi décrit en détail le déroulement du procès. J’ai passé plusieurs heures dans son bureau à préparer mon témoignage : nous voulons nous assurer que le juge comprendra ma position et mes arguments. J’espère que la décision sera rendue très rapidement, parce que je dois partir d’ici deux mois. Le caractère urgent de ma situation fait partie des éléments que nous soumettrons au juge.

Décider de divorcer est loin d’être facile. C’est se résoudre à tourner une page importante de sa vie. Toutefois, quand on a des enfants, on ne peut faire tous ces changements sans penser à leur bien-être et à leurs besoins. Je pense sincèrement que la nouvelle vie qui nous attend pourra nous rendre heureux, mon fils et moi. Au juge maintenant d’en être convaincu !
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