Cour supérieure - En matière civile-volet famille

Défendeur
Personnages et notions judiciaires
Juge Enregistrement Huissier Audiencier Greffier Audiencier Défendeur Procureur du demandeur Procureur du défendeur Demandeur Témoin-enfant Procureur à l'enfant

Défendeur

Ça n’allait plus très bien entre mon épouse et moi depuis quelques mois, mais je ne croyais pas qu’elle envisageait sérieusement le divorce. Alors, cela m’a fait un choc quand un huissier a sonné à ma porte pour me remettre une copie de la déclaration en divorce et une copie de la requête pour mesures provisoires. Un collègue de travail m’a suggéré de consulter l’avocate qui l’avait représenté pour son divorce : je l’ai appelée sur-le-champ. Elle m’a fixé un rendez-vous pour le lendemain. Dès que je l’ai rencontrée, je me suis senti en confiance. Elle m’a écouté attentivement, a lu les procédures, m’a posé des questions et a pris plusieurs notes. Elle m’a bien expliqué le contenu des procédures et les étapes d’une cause de divorce. Elle a même discuté avec moi des possibilités de réconciliation ! Sur le coup, je ne savais trop quoi répondre… Après y avoir réfléchi, j’ai pris conscience que ma vie de couple s’en allait à la dérive et qu’il vaudrait peut-être mieux y mettre fin.

Mon avocate m’a parlé des moyens disponibles pour nous aider, mon épouse et moi, à nous entendre sur les conséquences de notre rupture. J’ai accepté d’avoir recours à la médiation familiale, d’autant plus que nous avions droit à six séances gratuites. Enfin, mon avocate m’a assuré qu’elle communiquerait avec le procureur de ma femme pour l’aviser qu’elle me représentait et entamer des négociations. En sortant de son bureau, je comprenais mieux la situation et j’étais rassuré à l’idée qu’une avocate expérimentée avait pris mon dossier en main.

Quelques jours plus tard, mon avocate m’a informé que mon épouse acceptait elle aussi de tenter la médiation. C’est ainsi que nous nous sommes tous deux retrouvés dans le bureau d’un médiateur accrédité. Lors de la première séance, le médiateur nous a renseignés sur son rôle et sur le déroulement de la médiation; il a insisté sur la confidentialité du processus et sur notre droit de consulter nos procureurs respectifs, au besoin. Nous avons fini par nous entendre sur presque tous les points, sauf la question de la garde de notre fils. Depuis notre séparation, ma femme et moi nous sommes partagé sa garde moitié-moitié : notre fils passe une semaine avec sa mère et la semaine suivante, avec moi. Il semble s’être bien adapté à la situation, malgré le chagrin que notre rupture lui a causé.

Or, l’employeur de ma femme lui a offert un poste à l’extérieur du Québec pour lequel elle obtiendra un meilleur salaire. Elle a toujours eu le goût de vivre ce genre d’expérience. Je ne la blâme pas forcément d’avoir accepté ce poste, mais l’un de nous devra se séparer de son enfant et ça, je suis contre. Évidemment, elle demande la garde, pour qu’elle puisse emmener notre fils vivre avec elle. Je demande au contraire qu’il reste avec moi, ce qui lui éviterait les difficultés d’intégration dans un pays et un milieu complètement étrangers. De plus, il y aura d’importants frais de transport à payer pour qu’il continue à avoir des contacts avec ses deux parents, et nous ne nous entendons pas sur le partage de ces dépenses.

Quand mon avocate m’a proposé qu’un procureur soit nommé pour représenter notre fils, j’ai d’abord hésité à cause des frais supplémentaires que cela occasionnerait mais, en fin de compte, c’était une bonne idée. Ainsi, notre fils a pu se confier, en toute confidentialité, à une avocate indépendante qui l’assistera lors du procès. Je crois que notre fils aurait préféré ne pas avoir à choisir entre ses deux parents et qu’il est tiraillé par cela. J’évite le plus possible d’en discuter avec lui, mais je vois bien que ça le trouble et je suis content qu’il puisse en parler avec sa propre avocate.

Mon avocate m’a préparé au procès en m’expliquant ce qui allait se passer au cours de l’audition. De plus, elle m’a fait plusieurs recommandations quant à la façon de m’adresser au juge et de répondre aux questions qu’elle et l’avocat de ma femme me poseraient. N’empêche que j’ai hâte que tout ça soit fini et que le tribunal ait pris la décision qu’il estime la meilleure dans l’intérêt de notre fils. Quoi qu’il advienne, je serai toujours son père, et sa mère sera toujours sa mère, bien qu’elle et moi ne formions plus un couple. Le divorce ne changera rien à cela…
© Éducaloi  |  Design Web = Egzakt