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![]() Cour supérieure - En matière civile
TémoinIl y a quelques mois, j’ai reçu un subpoena m’enjoignant de témoigner à la cour. Voir un huissier de justice à sa porte vous remettre un document officiel, c’est un peu énervant. Ça ne m’était jamais arrivé. Est-ce qu’on m’accusait de quelque chose ? Sur le coup, je ne comprenais rien de ce que cela voulait dire. Je me suis calmée un peu et j’ai relu tranquillement le fameux document. On me demandait de venir raconter à la cour des faits dont j’ai eu personnellement connaissance et aussi d’apporter certains documents mentionnés dans le subpoena.Le subpoena, qui porte le titre officiel de « citation à comparaître », précisait que je devais me présenter au tribunal le mardi suivant à 9 h. Je devais donc m’absenter du travail ce jour-là. Comment mon patron allait-t-il réagir ? Eh bien, il n’a pas vraiment été content de l’apprendre, mais il n’avait pas le choix, puisque c’était pour moi une obligation d’y aller. De son côté, il ne pouvait m’imposer aucun type de sanction mais, par contre, il n’avait pas à me verser mon salaire pour les heures non travaillées. Si j’avais été syndiquée, peut-être que le paiement de mon salaire aurait été prévu dans ma convention collective; mais bon, ce n’était pas le cas. Malgré tout, j’ai eu droit à certaines indemnités qui ont couvert une partie de mes frais, comme ceux liés à mon transport au palais de justice. Quelques jours avant mon témoignage, j’ai compris qu’il serait préférable que je me prépare un peu. Après tout, les faits qu’on me demandait de venir raconter ont eu lieu il y a plus de deux ans. Il me fallait fouiller mes souvenirs, me rappeler des conversations et des dates, bref, me rafraîchir la mémoire. Enfin mardi matin ! De peur d’arriver en retard, je me suis présentée au palais de justice plusieurs minutes à l’avance. Au service d’accueil, le préposé m’a informée qu’il y avait eu un changement de salle d’audience. Par chance que j’ai vérifié ! Quand je suis arrivée à la salle où devait avoir lieu le procès, l’avocat qui m’avait assignée comme témoin est venu à ma rencontre. Après s’être présenté et m’avoir serré la main, il a pris la temps de me donner les quelques petits conseils suivants :
Au début du procès, la juge m’a invitée à quitter la salle en attendant que mon tour vienne afin que mon témoignage ne soit pas influencé par celui des personnes devant être interrogées avant moi. Deux heures à attendre dans le corridor... J’avais hâte que ça finisse ! Enfin mon tour est arrivé. On m’a demandé de m’installer dans la « boîte » des témoins. La greffière-audiencière m’a alors invitée à décliner mes nom, prénom, âge et adresse, et à prêter serment. J’ai été interrogée, en premier lieu, par l’avocat qui m’avait convoquée. Par la suite, ç’a été le tour de l’autre avocat de me poser des questions. Cela a été un peu moins facile, parce qu’il semblait vouloir me prendre en défaut, comme si je n’étais pas vraiment certaine des dates et des conversations que j’avais entendues. Il m’a également posé des questions embêtantes et gênantes auxquelles j’aurais préféré ne pas répondre. Mais on m’avait bien expliqué que le fait de refuser de répondre aux questions me rendait coupable d’outrage au tribunal. Je risquais alors de me voir condamnée à une amende et même à une peine d’emprisonnement. Trois heures plus tard, tout a enfin été terminé ! J’étais brûlée et exténuée, mais fière de moi. J’avais rempli mon devoir de bonne citoyenne. Mon expérience, bien qu’un peu stressante, a été des plus instructives. J’ai enfin pu voir « de près » comment fonctionne notre système de justice. J’ai également réalisé combien mon rôle de témoin avait été important. En effet, la juge a récemment rendu son jugement dans cette cause. Mon témoignage a été déterminant et a influencé sa décision. Je peux dire que, en tant que témoin, j’ai permis que justice soit rendue. |