Cour supérieure - En matière civile

Procureur du demandeur
Personnages et notions judiciaires
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Procureur du demandeur

Mon client m’a choisi pour le représenter devant le tribunal. Nous y voilà, ensemble, afin de tenter de convaincre le juge qu’il a été lésé. Les intérêts du demandeur me tiennent à cœur et je devrai le représenter de mon mieux en me servant de mes connaissances tout au long du mandat qu’il m’a confié.

Mon travail commence quand le demandeur vient me raconter son histoire dans mon bureau. Habituellement, il m’explique qu’une personne lui a causé des dommages, lui doit de l’argent ou ne respecte pas ses engagements. Je dois alors lui donner un avis juridique objectif, car il compte sur moi pour connaître ses droits, ses recours et les véritables chances de succès de sa cause. Souvent, mon avis n’est ni tout noir ni tout blanc et se situe dans une zone grise. Eh oui ! Le droit n’est pas une science exacte ! C’est pourquoi je répète souvent à mes clients que le pire des règlements vaut le meilleur des procès.

Donc, avant de conseiller à mon client d’entamer une poursuite judiciaire qui peut être très coûteuse, longue et fastidieuse, je m’assure d’avoir épuisé toutes les possibilités de règlement hors cour. Je commence d’abord par transmettre une mise en demeure à l’autre partie. Celle-ci indique les prétentions et les volontés de mon client et mentionne qu’à défaut pour le destinataire d’y donner suite dans le délai imparti des recours judiciaires seront intentés contre lui. J’espère ainsi qu’il comprendra le sérieux de la réclamation de mon client et sa détermination à aller de l’avant.

En tout temps, je devrai m’assurer que la poursuite judiciaire est la meilleure solution pour mon client. Si ce n’est pas le cas, il est en effet de mon devoir de l’informer qu’il n’est pas dans son droit, peu importe ce qu’il peut croire . Toutefois, si le procès semble la seule issue et que mon client me donne son assentiment, je rédige une déclaration. C’est un travail très important puisque c’est la déclaration qui expose tous les faits, les motifs et les arguments que je soumettrai éventuellement au juge.

Si les parties n’en sont pas venues à une entente hors cour, l’étape ultime de mon travail a lieu le jour du procès. On pense souvent que le procès constitue la grosse partie de mon boulot. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il n’est en fait que la partie visible de l’iceberg. Il est l’aboutissement du travail de recherche effectué, des interrogatoires menés et des questions posées pour comprendre et maîtriser le dossier. Quand j’entre dans la salle d’audience, je connais celui-ci sur le bout de mes doigts. Je n’ai alors qu’un objectif : exposer le plus clairement possible au juge les faits et le droit. Je dois rester concentré durant chaque étape du procès afin de ne rien manquer. Enfin, je note le plus de détails possible pour adapter ma plaidoirie à ce qui a été dit pendant le procès.

Dans l’imaginaire de beaucoup de gens, et peut-être en partie à cause de la télévision et du cinéma, la plaidoirie est une joute oratoire sur laquelle repose l’issue du procès. D’un côté, il est vrai de croire que notre système judiciaire est fondé sur l’antagonisme et que l’affrontement des idées fait émerger la vérité et triompher la justice. Le système est loin d’être parfait, faut-il en convenir, mais il tend à minimiser le nombre d’erreurs judiciaires. D’un autre côté, il est faux de penser que la finalité du procès dépend uniquement du talent oratoire des avocats. Le juge rend sa décision non pas en se fondant sur leur performance, mais sur le droit qui s’applique au cas qui lui est soumis.

Ces quelques lignes résument bien mon rôle de procureur du demandeur. Ce que j’apprécie le plus dans mon travail, c’est l’absence de monotonie. Chaque cause est différente et m’apporte son lot de surprises et de nouveaux défis. De plus, il est important pour moi de relever ces défis avec intégrité. Ainsi, que je perde ou que je gagne une cause, j’aurai toujours le sentiment d’avoir bien servi mon client et d’avoir contribué à la justice.
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