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![]() Cour du Québec - Division des petites créances
TémoinJ’ai reçu un document par la poste récemment. Le document s’intitulait « assignation à un témoin ». J’ai fini par comprendre que je devais me présenter à la Cour des petites créances trois semaines plus tard pour témoigner lors d’une audience. Au début je ne savais pas ce que ça voulait dire mais ensuite, lorsque j’ai remarqué que le nom de mes voisins Claude et Geneviève était écrit sur le document, je me suis rappelé ce dont il s’agissait. L’année dernière, de la fenêtre de ma chambre, j’ai été témoin d’un incident dans la rue devant chez nous : le chien de Claude a mordu le bras de Geneviève. Quelle histoire ! Je m’en souviens comme si c’était hier.Je regrette presque d’avoir dit à Geneviève que j’avais tout vu et qu’elle pouvait compter sur mon aide. Je n’ai rien à voir avec leur histoire, et je ne voulais pas prendre parti pour un plus que pour l’autre. Ça m’inquiétait tout ça. Au début, j’ai pensé ne pas y aller du tout. En lisant plus en détail le document je me suis aperçu que ce n’était pas comme un rendez-vous chez le dentiste : j'étais obligé d’y aller ! Aujourd’hui c’est le jour de l’audience ! Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit, j’étais tellement nerveux. Et si jamais on me posait des questions auxquelles je n’avais pas de réponse ? Bon, je suis enfin au palais de justice. J’ai aussi trouvé la salle d’audience à l’intérieur de laquelle mes deux voisins étaient déjà assis. Celle qui s’est fait mordre, Geneviève, est venue me dire bonjour, l’autre, Claude, est resté dans son coin et m’a regardé d’une drôle de façon. Je me suis assis à mon tour. Tout à coup, une personne vêtue d’une robe noire, assise derrière le bureau en avant, nous a fait approcher. Elle nous a expliqué qu’elle était la greffière-audiencière et qu’elle devait nous assermenter. Mes deux voisins, un autre monsieur qui était avec Geneviève ainsi que moi-même lui avons juré chacun notre tour de dire la vérité. Ensuite, elle nous a invités à retourner nous asseoir dans la salle d’audience. Elle a répété ce manège avec toutes les autres personnes présentes. La juge est entrée dans la salle d’audience quelques minutes plus tard. Elle s’est assise au grand bureau derrière la greffière-audiencière. Nous avons vu une ou deux causes se dérouler devant nous. J’étais content de voir un peu comment ça se passait. Ce fût enfin notre tour. Nous nous sommes approchés de la barre. La juge a demandé à Claude et à Geneviève ce qui s’était passé le jour de la morsure de chien. Geneviève a expliqué sa version et ensuite Claude a fait de même. Pendant que Geneviève parlait, Claude essayait toujours d’argumenter en prenant la parole. La juge a fini par s’impatienter et elle lui a dit d’attendre son tour avant de parler. Finalement, la juge m’a demandé ce que je savais de l’affaire. Je lui ai expliqué le mieux possible ce dont je me souvenais de l’incident. Elle m’a demandé beaucoup de détails sur l’événement. Mon souvenir n’était pas aussi bon que je croyais. En fait, je me suis aperçu que j’avais oublié plusieurs détails et après quelques questions je commençais même à douter de certains éléments dont j’avais souvenir. J’aurais dû suivre le conseil de mon cousin Marc, qui est avocat, et mettre ma version par écrit. J'aurais peut-être pu m’éviter de témoigner. Malgré tout, ça c’est très bien passé. Après les témoignages, la juge a dit qu’elle voulait prendre quelques jours pour penser à sa décision. Elle nous a dit que nous pouvions quitter la salle d’audience. Je suis retourné à la maison. Je n’oublierai jamais cette journée. |