Cour du Québec - Division des petites créances

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Personnages et notions judiciaires
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Il y a environ un an, le chien de mon voisin Claude m’a attaquée et mordue le bras profondément. Son chien n’était pas attaché. J’ai vérifié auprès de la Ville et on m’a confirmé qu’il était interdit de laisser un chien en liberté. Je trouve ça inadmissible de laisser de tels chiens dangereux en liberté. Un enfant aurait pu se faire mordre. À la suite de l’incident, j’ai reçu une facture des services ambulanciers et j’ai manqué trois jours de travail. Tous les soirs depuis l’incident, je fais des cauchemars. Je ressens encore une certaine douleur au bras.

Je suis allée voir un avocat. Ce dernier m’a expliqué que je pouvais essayer de réclamer mes dommages au propriétaire du chien, mon voisin Claude. J’ai donc ramassé toutes mes preuves, mes factures, des photos de la blessure et mon rapport médical. Un autre de mes voisins, Éric, est venu me voir, j’ai compris qu’il avait vu l’incident de la morsure. Il était lui aussi indigné de l’action du chien de Claude et surtout du fait que ce chien se promenait encore en liberté. Éric a deux enfants en bas âge. Je lui ai parlé de mon intention de poursuivre le propriétaire du chien. Il m’a dit que si j’avais besoin de témoin, il pourrait être disponible. J’ai donc pris en détail les coordonnées d’Éric.

J’ai commencé par envoyer une mise en demeure, par courrier recommandé, à Claude pour lui réclamer les dommages que j’ai subis. Il n’a jamais répondu à cette lettre. J’ai l’impression que je vais devoir aller jusqu’au tribunal sinon il refusera de payer. Je me suis présentée au palais de justice, au greffe des petites créances. Le greffier m’a expliqué la marche à suivre. Il m’a aidée à remplir les formulaires sur lesquels j’ai écrit les éléments importants de ma mésaventure avec le chien. Je lui ai remis mes factures, le rapport médical, les photos et les coordonnées d’Éric.

Quelques jours plus tard, j’ai reçu la réponse de Claude. Sa version diffère de la mienne. Il conteste en particulier le transport en ambulance. De plus, il indique que j’ai blessé son chien et me réclame les frais de vétérinaire ! Je ne me suis jamais aperçue de cela. Il est vrai que j’ai dû frapper le chien pour qu’il lâche mon bras. Je ne vois pas pourquoi je paierais pour ces dommages, alors que c’est moi qui ai été attaquée.

Enfin, j’ai reçu un avis d’audition, le jour du procès approche. J’ai appelé Éric, il m’a confirmé qu’il serait présent. La nuit avant le procès, j’ai bien dormi. Le matin par contre j’étais sur le gros nerf, je doutais de tout, j’oubliais tous mes arguments.

Au palais, j’ai trouvé la salle d’audience sans problème, il y avait déjà pas mal de gens. La greffière-audiencière a appelé notre cause, mais la juge n’était pas encore arrivée. La greffière-audiencière nous a fait prêter serment. Ensuite, nous avons attendu notre tour. Je suis sortie quelques instants dans le corridor pour me relaxer et pour mettre de l’ordre dans mes papiers une dernière fois.

Nous sommes finalement passés devant la juge. J’ai expliqué du mieux que j’ai pu ce dont je me rappelais. J’ai donné à la juge le rapport du médecin, la facture de l’ambulance, les photos et la facture du bureau de poste. Je lui ai énuméré les séquelles dont je souffre depuis l’événement : les douleurs, le stress, la peur des chiens et les cauchemars que je fais régulièrement. Après mon témoignage, à ma grande surprise, c’est la juge qui a posé les questions à mon témoin Éric. Je m’imaginais lui poser des questions comme on le voit à la télévision : ça n’a rien à voir ! La juge savait exactement où elle s’en allait. Elle posait des questions précises et voulait avoir des réponses précises. Nous avons ensuite entendu ce que Claude avait à dire. Il n’avait pas le même souvenir de l’incident que moi. Il n’était pas tendre envers moi dans ses propos, mais je me suis retenue de répondre. La juge semblait avoir les choses bien en main.

À la fin la juge a dit qu’il voulait réfléchir à notre affaire et elle nous a invités à retourner à nos occupations. Elle a dit que nous allions recevoir le jugement par la poste.
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