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![]() Cour du Québec - Chambre criminelle et pénale
EnquêteurTous connaissent bien l’aspect du travail d’enquêteur de police qui consiste à mener une enquête afin de mettre la main au collet de l’auteur d’un crime. Peu de gens savent que mon travail d’enquêteur ne se termine pas avec l’arrestation d’un suspect. Mon travail continue à la cour, en collaboration avec les substituts.Au cour d’une enquête, j’essaie de découvrir les preuves permettant d’identifier le ou les auteurs d’une infraction. Dans le cadre de cette enquête, je rencontre des témoins qui peuvent me donner de l’information. Lorsque cette information est importante ou pertinente à la cause, je demande au témoin d’écrire sa version sur un document. Ce document est appelé la « déclaration » du témoin. Je vérifie aussi l’existence de toute autre preuve, comme un enregistrement vidéo, des photos ou encore l’arme d’un crime. Tous ces objets qui servent à prouver la culpabilité ou l’innocence d’un accusé, se nomment les pièces à conviction, appelées fréquemment les "exhibits". Lorsque je crois avoir amassé suffisamment d'informations pour prouver qu’une personne en particulier a commis une infraction et pour qu’elle soit reconnue coupable, je complète un rapport d’enquête. Ce rapport inclut notamment, toutes les démarches que j’ai faites, un résumé des faits, une liste des témoins, leurs déclarations, la déclaration de l’accusé (le cas échéant), les antécédents de ce dernier, s’il en a, ainsi que tout autre document pertinent. Ce rapport est ensuite remis à un « procureur aux poursuites criminelles et pénales», aussi appelé procureur de la Couronne. C’est à la lumière de ces informations que le procureur de la Couronne prendra la décision d’accuser ou non le suspect. Comme je connais bien le rapport d’enquête, il m’arrive fréquemment d’en discuter avec lui et de lui formuler des recommandations. Lorsqu’un procès ou une enquête préliminaire est prévu, j’assiste le procureur de la Couronne pour qu’il se prépare adéquatement, particulièrement si le dossier est complexe ou volumineux, comme par exemple dans certaines causes de fraude. Dans ce cas, je l’aide à analyser et à comprendre l’ensemble de la preuve. Si des questions se posent ou qu’un complément d’enquête devient nécessaire, je m’en charge. Le jour de l’audition du procès ou de l’enquête préliminaire, le procureur de la Couronne requiert souvent mes services. Pendant toute la durée de la procédure, je demeure à la disposition de ce dernier afin de répondre à ses questions et de l’aider en cas de besoin. Je joue aussi un rôle important auprès des témoins de la poursuite. Parfois, certains témoins demandent plus d’attention que d’autres. Une fois, j’ai dû rassurer une victime d’agression sexuelle âgée de 12 ans qui avait particulièrement peur de son agresseur. Durant toutes les procédures, je suis demeuré présent à ses côtés pour éviter que l’accusé ne tente d’entrer en contact avec elle. À divers stade des procédures, je peux être appelé à témoigner pour expliquer au juge différentes choses comme les démarches que j’ai faites durant l’enquête. Ceci inclut notamment, l’arrestation de l’accusé, la découverte des pièces à convictions ou encore la prises des déclarations des témoins. Mon témoignage est particulièrement important lorsque j’ai obtenu des aveux de la part de l’accusé. Je fais un travail exigeant, mais très intéressant. Le but ultime de mon travail est de fournir au tribunal la preuve de la culpabilité des criminels. Le contact avec la cour est très stimulant et, avec les années, j’en saisis de mieux en mieux le fonctionnement. En conséquence, j’en comprends mieux la logique. Cela est primordial car, à quoi sert de faire des enquêtes et d’arrêter des criminels si je n’arrive pas à les faire condamner ? |