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![]() Cour du Québec - Chambre criminelle et pénale
AccuséIl y a 6 mois, je me suis fait arrêter par des policiers. Ils m’ont amené au poste de police où ils m’ont fouillé sommairement. Peu de temps après, ils m’ont relâché et m’ont remis une convocation pour la cour. Je suis allé ensuite consulter un avocat qui m’a expliqué ce qu’on me reproche. Il paraît que j’ai commis des voies de faits, une infraction prévue au Code criminel.Depuis ce jour, je me suis déplacé à quatre reprises à la cour. Je suis passé par toutes les étapes du processus judiciaire avant d’en arriver au procès : la comparution, la divulgation de la preuve et les discussions entre mon avocat et le procureur de la Couronne. Je vous assure que, même si je suis présumé innocent, il m’est difficile de vivre avec le poids d’une accusation criminelle. Heureusement, je suis en liberté. À un moment, j’ai pensé plaider coupable afin d’en finir au plus vite avec ce cauchemar et de pouvoir ainsi bénéficier d’une sentence plus clémente. Mais je suis innocent! Je ne peux pas avouer un crime que je n’ai pas commis. De toute façon, mon avocat m’a expliqué que le juge ne l’accepterait pas. Je me suis donc prévalu de mon droit de subir un procès. Mon avocat dit que j’ai une bonne explication à fournir au juge, il a parlé de « légitime défense ». On a discuté de mon témoignage, mais pas autant que j’aurais cru, « pour ne pas vous influencer », m’a-t-il expliqué. Il m’a renseigné sur le déroulement du procès, comment me comporter devant le juge, comment répondre aux questions, etc. Il a précisé que l’autre avocat, le procureur de la Couronne, me poserait sans doute des questions que je n’aimerais pas. Il a insisté sur le fait de rester calme et de simplement répondre aux questions posées « tout cela est normal, ne vous en faites pas, cette personne n’a pas d’intérêt dans la cause, que vous soyez condamné ou acquitté, c’est la même chose pour elle ». Le jour du procès, j’avais peur de me présenter au palais de justice! Pendant le procès, je voulais bondir dès que les témoins disaient des choses qui ne me plaisaient pas. Mon avocat m’a dit de rester tranquille et d’attendre mon tour pour témoigner. Le moment venu, j’étais hyper nerveux et j’avais le trac. J’avais l’impression que toute ma destinée reposait sur mon témoignage. Heureusement, ça s’est relativement bien passé et j’ai eu le temps de m’expliquer au juge. À la fin du procès, le juge a dit qu’il voulait avoir du temps pour réfléchir avant de rendre son verdict. Le dossier a été remis à une autre date, dans trois semaines. J’ai hâte de connaître sa décision. La possibilité d’être déclaré coupable ou de faire de la prison me rend nerveux. Le simple fait d’avoir un casier judiciaire me ferait honte. Toutefois, j’ai confiance dans notre système judiciaire : au Canada nous sommes chanceux, nous pouvons compter sur un système judiciaire équitable et le risque d’erreur judiciaire est très faible. Même si je suis condamné, je sais qu’en prison, j’aurai accès à une foule de ressources qui me permettront d’être réhabilité. |